Je serai solide comme un Moaï 


I will be as strong as a Moai









I will be as strong as a Moaï


en français, plus bas *

After I lost my father, the yearning to walk in his footsteps for one last journey with him was vital. Finding a tangible experience to overcome his disappearance I went to Vanuatu in the South Pacific, where he had been a teacher 40 years prior.

Using his stories and photographs I was able to trace many of his former students learning about the way in which he fully integrated into their community. I formed an immediate strong bond with the community.  This borderless, universal and timeless experience between father, daughter and community result in powerful human stories.  I combine his archives alongside my photographs throughout.

Understanding that his wish to have his ashes scattered into the Yasur volcano in Tanna would be difficult my father had asked us [his family] to lay the ashes in our garden in France. After his passing we planted a ginkgo tree — known for its incredible longevity — above his ashes.

In bringing the yellow leaves from this tree to Vanuatu my act of transference from the physical matter to the leaves of the ginkgo tree allowed me to realize my fathers last wish. I ‘poured’ the ginkgo leaves into the Yasur volcano. This symbolic ritual acted as bond to my father and the land nourishing their souls in life and death.

When I crossed the Pacific Ocean in search of accountability for the loss of my father, I had confronted the Moai on Easter Island. These large impressive statues filled with mystery both ominous and impassive became a rite of passage to me. Their eye sockets were empty yet I was filled with their gaze and the presence of millennia past. I was reminded of the reassuring words my father sent to me :
‘I will be as strong as a Moai’.

Our journey continues…



* français

Je serai solide comme un Moaï



Après la perte de mon père, j’ai ressenti le besoin vital de marcher sur ses traces, pour un dernier voyage avec lui. Je me suis rendue au Vanuatu dans le Pacifique Sud, où mon père avait été enseignant, 40 ans auparavant. Une expérience tangible pour surmonter son absence.

Grâce à ses récits et à ses photos, j’ai pu retrouver nombreux de ses anciens élèves, en découvrant la manière dont il s’est pleinement intégré à leur communauté. J’ai immédiatement noué un lien fort avec eux. Cette expérience qui va au-delà des frontières, universelle et intemporelle, entre un père et sa fille, et la population du Vanuatu, se traduit par des histoires humaines puissantes. Je mélange les archives de mon père avec mes propres photos.

Comprenant que son souhait de voir ses cendres dispersées dans le volcan Yasur sur l’île de Tanna serait difficile à réaliser, mon père nous a demandé [à sa famille] de déposer ses cendres dans notre jardin en France. Après son décès, nous avons planté un ginkgo - connu pour sa longévité - au dessus de ses cendres.

En emportant les feuilles jaunes de cet arbre avec moi au Vanuatu, cela m’a permis de réaliser le dernier souhait de mon père. J’ai versé les feuilles du ginkgo dans le volcan Yasur. Ce rituel symbolique, par transfer de matières physiques des cendres aux feuilles, a agi comme un lien avec mon père et la Terre, nourrissant nos âmes dans la vie et la mort.

Ensuite, J’ai traversé l’Océan Pacifique pour «demander des comptes» aux Moaï de l’Île de Pâques. Ces grandes statues impressionnantes, pleines de mystères, à la fois menaçantes et impassibles, sont devenues un rite de passage pour moi. Leurs orbites étaient vides mais je sentais leur regard et leur présence des millénaires passés. Je me suis souvenue du message que mon père m’avait envoyé: « Je serai solide comme un Moaï ».

Notre voyage continue…